ASSOCIATION POUR LA VIE ECONOMIQUE DU COEUR DE NANCY

Avec 1,6 % des déplacements domicile-travail effectués à vélo, la Meurthe-et-Moselle est à la traîne. Et Nancy (3,8 %) aussi.

Corinne ? Elle a déniché sur internet un petit accessoire bien pratique qui permet d’accrocher son parapluie à son vélo. Alors, la météo, ce n’est pas ce qui l’arrête quand cette Nancéienne va au boulot. « D’ailleurs, on va bien plus vite à se déplacer que les voitures ». Même constat pour Maud qui fait environ 2,5 km quatre fois par jour pour aller à son travail. « Je me sens parfois en danger. Parce qu’il y a des problèmes d’aménagement, mais aussi d’esprit. Les conducteurs nancéiens ne sont pas habitués à cohabiter avec les vélos. Plus on sera, plus ils devront s’y faire et plus la pratique se développera grâce au sentiment de sécurité ».

À Nancy, ils sont aujourd’hui 3,8 % des actifs à prendre le guidon pour leur trajet domicile travail. Les plus optimistes se diront que ce n’est finalement pas mal puisque la moyenne nationale est à 2 %. Et les élus nancéiens pourront sans doute se prévaloir d’une valeur supérieure à la moyenne…

Le seuil des 4 km

Sauf que les études de l’Institut le montrent : les ruraux ne sont pas franchement des adeptes assidus car les 4 km constituent un seuil (psychologique et physique ?). Au dessus, on ne prend plus vraiment son vélo. Alors quand on habite au fond de la campagne… En fait, généralement, selon les statisticiens, plus la ville est grande, plus la pratique du pédalier est développée. Mais Nancy s’affiche au 20ème rang des villes de plus de 100.000 habitants, très loin de Strasbourg et Grenoble mais aussi du Mans, de Tours, Angers, Dijon, Lille… Du coup, la Meurthe-et-Moselle ne brille évidemment pas par sa performance en se classant 43ème des départements avec 1,6 % d’actifs enfourchant leur biclou. Là, on est en dessous de la moyenne nationale ! Et bien loin de département comme le Bas-Rhin (voir infographie).

Mieux que Metz

Au regard des données de l’INSEE, le climat et la géographie ne suffisent pas à expliquer que Nancy et la Meurthe-et-Moselle tournent au ralenti (ou pas très vite) en matière de deux-roues. Évidemment, à regarder ailleurs, on trouve toujours pire : Metz, les Vosges, la Meuse… Suffisant pour se consoler ? Sans doute pas aux yeux des adeptes de ce mode de déplacements pour lesquels les aménagements devront forcément suivre l’augmentation du nombre d’utilisateurs. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, l’âge ne joue pas sur la pratique du vélo pour aller au travail. Cette pratique est stable dans le temps… Quand on commence, on continue !

Comparatif entre quelques villes sur la part des actifs allant au travail à vélo : Strasbourg 16 %, Grenoble 15,2 %

Ghislain UTARD

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-nancy-ville/2017/03/05/au-boulot-a-velo-on-y-va-mollo

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